NOW (news of the world)

NOW 1

Soudain on a entendu un bruit violent, un portable a sonnerie, des signes de la main vus au loin, ce n’est qu’un détail vu l’ampleur des dégâts, pour autant ce n’est qu'un bilan provisoire vu l'ampleur des dégâts. Des cris de haine se sont emparés des rues populaires, majoritaires dans le quartier, des adolescents de vindicte populaire ont afflué de toutes parts, réclamant la vengeance aux cris de vengeance et de représailles. Les premiers militaires arrivés sur place, bien obligés de les calmer à coups de matraque pour faire leur travail de secours : « c’est une habitude dans la région », nous confie le brigadier, et il allume cigarette sur cigarette, histoire de tenir le coup. « On tente de faire son métier malgré les morts, on est des gens qui souffrent aussi » nous confie le brigadier, et il allume cigarette sur cigarette, histoire de tenir le coup. A des kilomètres de ronde, tout n’est que ruine et désolation, corps démembrés et morceaux de tôle froissée qui ont causé la mort de 52 civils, à savoir l’attentat le plus meurtrier depuis le retrait des troupes américaines en février. Des observateurs étrangers partagés entre stupeur et consternation ont constaté des jambes de corps détachés suspendues dans les arbres alentour, des jambes détachées et d’autres bras sur les trottoirs couchés.

 

 

 

NOW 2

C’est un fait : la France a le meilleur taux européen de productivité horaire, mais il faut bien voir une chose c’est que la France a aussi la plus forte consommation mondiale d’anxiolytiques et d’antidépresseurs, résultat : dans le sommeil des gens qui dorment, il y a les rêves que tout le monde fait depuis vingt ans, rêves de poursuite avec appels masqués, colis suspects, coups de pieds dans les couilles, info en direct, alertes conso, santé, bons plans, porno gratuit.

 

 

 

NOW 3

Patrick, oui je me souviens, il venait d’avoir 41 ans, il avait soigneusement rangé son bureau, comme à la veille des vacances, et il avait laissé son ordinateur allumé. Sur son économiseur d'écran, vous savez, le fond d’écran avec les galaxies, il y avait un message animé en 3D : "Bonne continuation". Personne n'a osé appeler sa femme. On a laissé faire la police.

 

 

 

NOW 4

Dimanche, comme chaque jour, elle part comme au travail, un sourire aux lèvres, courant comme si elle vole. « Si j'avais su qu'elle allait sauter là-bas, je l’aurais empêchée », soupire sa mère assise au sol sous le portrait d'Arafat dans la modeste maison de béton deux pièces. Ne voyant pas en fin d’après midi revenir le dimanche, la famille fait des appels téléphoniques sans réponse. Et mardi soir, la télé annonce la mort de la première femme bombardier suicide, elle a fait exploser une bombe en pleine ville centrale, entraînant la mort avec elle pour un homme d’âge vingt et blessant douze personnes. Selon les prochains, elle était une jeune femme gaie, sensible, en tant qu’infirmière au bord des affrontements, elle disait « si je meurs en martyr, laissez moi seule ». 

 

 

 

NOW 5

Vendredi, elle avait quitté le boulot en lançant à ses collègues, sur le ton de la blague : « je pars un peu plus tôt, je vais me jeter dans la Seine ». Dimanche matin, le corps de Sabine, 45 ans, assistante de direction, a été repêché par les pompiers de Choisy-le-Roi.

 

 

 

NOW 6

Au bout du compte, c’est toute une accumulation de vexations quotidiennes qui deviennent ingérables au quotidien pour les jeunes gens en costumes et oreillettes qui cherchent des explosifs dans nos corps, ils vont trouver les publicités qu’ils ont mis dans nos corps, les petits prix sympa, les rêves de poursuite, santé, psycho, info, porno, enfants, les rêves que tout le monde fait depuis vingt ans, voiture piégée, colis suspect, aéroports placés en vigilance orange, les dimanches au luna park, les amis qui imitent les imitateurs de télévision, un projet de partouze chez les Morel à Grenoble, chez qui on a plus du tout mais plus du tout envie d’aller, les actifs pourris, Toshiba Mitsubishi, pure saleté comme un million d’années de morts entassés dans les rues de la capitale, la plus grande vigilance est recommandée notamment pour votre sécurité, le week-end de la Toussaint est traditionnellement classé parmi les plus meurtriers de l’année. 

 

 

 

NOW 7

Une lycéenne de Ris-Orangis a développé hier une soudaine allergie cutanée à la crème de jour Clarins, après quoi cinq filles de sa classe l’ont tabassé à l’issue d’une moquerie qui a mal tourné.

 

 

 

NOW 8

On l'expose. On l'enferme dans une boite, et on le laisse livré à lui-même, laissez-le seul. On le maintient en posture et on le prive de sommeil. On lui maintient la tête dans une bassine d’eau pendant 30 secondes. On lui couvre la tête avec un tissu et on l’asperge d’eau froide. On lui porte un coup avec la semelle de sa botte ou avec une boucle de ceinture. On lui fait écouter du Heavy Metal monté à 120 décibels. Notre mode de vie est non négociable. On lui injecte des piqures pour qu’il tienne plus longtemps éveillé. On l'expose à des températures très basses ou très élevées, sans préavis. On le menotte et on le laisse menotté pendant toute une journée. On le menace, on menace sa famille, sa femme et ses enfants. On le rase contre son gré. On le prive de nourriture solide. On le frappe du plat de la main sur l’abdomen. On le force à se tenir debout, les mains menottées, les pieds attachés au sol pendant plus de 40 heures. On le laisse reposer dans une cellule à 10° C et on l'asperge d’eau froide régulièrement. On l'attache sur une planche, les pieds surélevés, une serviette appliquée sur la bouche et on lui verse de l’eau sur le visage. Notre mode de vie est non négociable. On l'expose à une lumière puissante et constante pour l’empêcher de dormir. On l'interroge pendant 20 heures d’affilée. On lui empoigne avec force les parties génitales, et on tire. On l'enchaîne au sol. On urine sur son livre. On le force à porter un soutien-gorge, à danser avec nous, on le menace avec des chiens mais on contrôle un niveau de stress raisonnable. Notre mode de vie est non négociable.

 

 

 

 

NOW 9

Pour preuve, cette étude de l’Ifop de mars dernier, où l’on découvre que 81 % des femmes de gauche auraient déjà pratiqué la fellation, contre 69 % pour les électrices de droite, notamment pour les plus âgées. Au-delà du clin d’œil politique, ce qui frappe, c’est la force des chiffres : autrefois considérée comme la relation au père qui protège et punit, le retour du refoulé est aujourd’hui devenu un incontournable du casual sex, une habitude dans la vie sexuelle des classes moyennes. « Une bonne pipe, c’est très efficace en phase de négociations, quand je veux le faire céder sur la couleur d’un papier peint ou sur le lieu de nos futures vacances », avoue Adèle, 29 ans. « O.K., quand on les suce, on est à genoux. Mais, en même temps, on les tient par les couilles. » s’amuse Pauline, 26 ans, graphiste indépendante.

 

 

 

NOW 10

En Allemagne, des enquêteurs ont demandé à un panel de lycéens ce qu’ils voulaient faire comme métier plus tard, et plus de 25% ont répondu : «artiste».

 

 

 

NOW 11

Aujourd’hui, un homme de 77 ans s’est tiré une balle dans la tête à 9h sur la place Syntagma. Avant son geste, l’homme a laissé une lettre dans laquelle il explique que son âge ne peut plus faire face à la crise, et que la seule solution pour lui est le suicide imposé. Avant de se tuer, il a hurlé qu’il ne voulait pas laisser de dettes à ses enfants. Il était pharmacien de son bon-vivant. Un événement facebook s’est ouvert, qui s’intitule “Tout le monde à Syntagma.» Et aussi «On ne s’habituera pas à la mort”. Ce soir même, une foule de personnes se rend devant l’Assemblée. Certaines personnes sont là pour lui rendre hommage, d’autres sont venues se montrer leur colère : “ce n’est pas un suicide, disent-ils, c’est un assassinat politique”.